Hadopi 2, une loi pour rien ?
Publié le 2009-10-30 15:31:00
Le P2P n'est plus ce qu'il était. Depuis 2007, la proportion de téléchargement illégal en P2P "classique" via eMule, BitTorrent, LimeWire et consorts est, en effet, passée de 40% du trafic des FAI à 18%.
Aujourd'hui, les internautes préfèrent utiliser les sites de streaming qui, grâce à l'augmentation des débits et des technologies audio/vidéo, permettent le visionnage de films et l'écoute de musique en temps réel, sans téléchargement, dans des conditions à peu près correctes. D'autres internautes se sont repliés sur les téléchargements directs de copies illégales de films, musiques, logiciels, livres, jeux vidéo et magazines proposés par MegaUpload, RapidShare, SendSpace et les autres. Des sites qui, en accès gratuit, n'autorisent qu'un certain nombre ou un certain volume de téléchargements par jour. Pour disposer d'un accès complet, il faut payer. C'est tout le paradoxe de ces sites de téléchargement direct qui vont à l'encontre même du principe du piratage qui est de consommer gratuitement. Où quand le piratage devient payant... C'est à peu près la même choses sur certains newgroups, certains forums ou certaines communautés d'internautes (les Warez) qui s'échangent des liens ou des fichiers piratés, mais qui se payent aussi le luxe de proposer des formules payantes de téléchargement illimité.
Le P2P tel que nous l'entendions hier, n'est donc plus vraiment d'actualité aujourd'hui. D'autant que les internautes pensent désormais à leur sécurité et évitent, comme c'était le cas il y a deux ans, de laisser leurs ordinateurs tourner toute la nuit sur eMule pour rapatrier un maximum de fichiers. Á l'heure actuelle, la consommation P2P se fait à l'acte, de manière moins massive. Un piratage à la carte en quelque sorte. Soit pour une consommation immédiate en streaming, soit pour une consommation différée via MegaUpload ou RapidShare. Ajoutez à cela, l'utilisation de logiciels permettant de masquer son adresse IP ou l'existence de certains sites pirates (comme Share ou Ants) disposant de réseaux cryptés rendant impossible l'identification des fichiers qui y transitent, vous obtenez une modification radicale des pratiques de téléchargement des internaures du monde entier.
Dans ces conditions, la loi Hadopi 2 a-t-elle réellement une raison d'être ? Sans P2P au sens "classique" du terme (échange Peer-2-Peer) et avec des réseaux cryptés, des adresses IP masquées ou fluctuantes, comment les ayants-droits vont-ils faire pour prouver le préjudice subi et saisir la justice ?
Mystère...