Web 2.0 : La fin de l'illusion du gratuit
Chaque jour le Web 2.0 apporte son lot de nouveaux services gratuits, quelle chance ! Par Jean-David Rézaïoff, www.womZone.com.
Tout se finance grâce à la publicité nous dit-on ! Les papes du Web 2.0 font de la gratuité une vraie « religion ».
Mais regardons-y de plus près, ... la publicité se rémunère sur l'audience qui s'évalue sur la capacité de ces belles applications gratuites à attirer le plus grand nombre d'entre-nous et à nous y retenir le plus longtemps possible chaque jour.
Aucun problème, dirons-nous, du moment que les utilisateurs en retirent, eux aussi, quelque chose en retour.
Mais quel retour sur investissement l'internaute peut-il espérer en échange de son temps et de sa contribution à l'intelligence collective ?
Pour la plupart, sûrement pas de l'argent, car au Jardin d'Eden du Web 2.0, il ne faut pas en parler, c'est « péché ». Alors quoi d'autre, sinon peut-être de la visibilité, au-delà de l'altruisme qui anime quotidiennement la plupart d'entre nous, bien sûr ?
« Cher internaute, donne-moi ton temps pour que je le convertisse en audience et donc en argent (auprès d'annonceurs) et à toi de faire en sorte que tu en retires une quelconque réputation ou notoriété ».
Voilà le « deal » proposé très implicitement aux internautes par la plupart des applications Web 2.0 dites gratuites.
Restons lucides, c'est bien le temps que nous y passons qui garantit la manne de revenus publicitaires de ces applications Web 2.0 gratuites, qu'elles soient communautaires ou non.
Posons-nous alors la question sur la stratégie de communication de ces nouveaux acteurs qui nous vantent sans cesse les mérites de nouvelles et « merveilleuses » fonctionnalités sous le prétexte de contribuer à l'idéologie du libre-échange avec la gratuité comme principe fondateur.
C'est sur ce principe même, que Kevin Kelly, l'ex-rédacteur en chef de la célèbre publication Wired, vient de publier un nouvel article très intéressant intitulé « better than free » (mieux que le gratuit), qui identifie les raisons qui nous font préférer payer ce que l'on peut avoir gratuitement.
Kevin Kelly distingue ainsi huit « valeurs génératives » qu'il qualifie de « mieux que le gratuit » et qui ne peuvent pas être copiées, contrefaites ou reproduites : l'immédiateté, la personnalisation, l'interprétation, l'authenticité, l'accessibilité, l'incarnation, le mécénat et la trouvabilité.
Cette analyse me conforte dans l'idée qu'un site qui n'apporte pas un réel service utile à l'internaute sera finalement déserté au profit d'un nouveau venu, aussi populaire soit-il à un moment donné. Ce qui explique la grande volatilité d'audience qui caractérise ce marché, car il s'agit bien d'un marché.
En effet, à l'instant même ou l'internaute prend conscience que :
§ la principale contrepartie qu'il peut espérer de ces nombreuses applications gratuites se résume à développer une potentielle visibilité ou notoriété (au prix d'une mobilisation sans faille),
§ tout ce temps passé (voir gaspillé) l'est au détriment de ses autres activités économiques et sociales, on-line ou off-line,
La question du « pourquoi faire ? » s'impose.
Une fois la prise de conscience devenue collective, nous assisterons au début d'un nouveau Web recentré sur l'utilité, le progrès et le développement au service des individus.
On commence à entendre le terme de Web 3.0, ici et là, sans pour autant en connaître encore une définition qui fasse consensus. Alors, pourquoi pas un Web 3.0, qui au-delà d'un Web 2.0 qui a rendu l'internaute acteur, s'enrichira d'une dimension « développement durable », ou chaque personne physique et morale, pourra y trouver son compte et ... en toute transparence.
Nous laisserons alors derrière nous cet épisode qui traduit l'utilisation d'Internet comme une fin en soi et au service d'enjeux économiques bien loin des réels intérêts de la majorité des internautes.
Mais, libre a chacun de définir ce qu'il veut retirer de son usage quotidien du Web en gardant toutefois en tête ce que disait Ernest Hemingway « Le temps est la plus petite chose dont nous disposons »
* Jean-David Rézaïoff est fondateur de www.womZone.com, la place de marché d'informations entre internautes qui permet aux utilisateurs d'acheter ou de vendre de l'information. WomZone .com compte depuis sa création, en mai 2007, plus de 26 000 inscrits.





La tendance au gratuit est encore bien présente!
http://www.digg-france.com/INTERNET/POURQUOI-PAYER-UNE-INFORMATION-OU-UN-SERVICE-QUE-LON-PEUT-AVOIR-OU-UTILISER-GRATUITEMENT
Par kay le 10/09/2008 à 03:49
Bel argumentaire, mais qui ne justifiera jamais que l'utilisateur aille sur womzone pour payer une info que j'aurai gratuitement sur google. Ex : "Gagnez de l'argent en lisant", l'info coûte 3€ sur womzone, mais en tapant la phrase dans google, on découvre plusieurs dizaines de sites qui répondent à la question. N'est il pas par ailleurs illégal de faire payer l'accès à une offre d'emploi?
Par Pierre le 09/09/2008 à 07:33