Free: "Nous aurons 4 millions d'abonnés à la fin de l'année et non en 2010" prédit Xavier Niel
Le magazine Capital publie dans son numéro d'août 2008 une interview de Xavier Niel, le patron de Free. Celui-ci revient sur l'actualité de sa société quelques temps après le rachat de l'opérateur Alice et précise ses ambitions sur le marché de la téléphonie mobile. Selon lui : « Pour faire baisser les prix, il faut plus de concurrence ».
L'une des premières questions porte immanquablement sur le rachat d'Alice qui représente pour Free 950 000 abonnés supplémentaires « la plus grosse base de clients ouverte ces dernières années, à un moment où la croissance du marché se ralentit ». Xavier Niel ajoute « A une époque, les opérateurs se partageaient quelque 4 millions de nouveaux abonnés par an. Aujourd'hui, l'ADSL équipe 15 millions de foyers sur 24 millions. Et, comme on ne touchera jamais 100% de la population, il n'en reste que 5 ou 6 millions à conquérir, à un rythme ralenti. Avec Alice, nous gagnons d'un coup dix-huit mois à deux ans sur nos prévisions : nous aurons 4 millions d'abonnés à la fin de l'année et non en 2010. »
Concernant la fibre optique, il explique que le « bout de tuyau » loué à France Télécom pour gagner les foyers coûte 120 euros par an et par abonné. « En installant à la place un morceau de fibre nous appartenant, nous remplaçons ce loyer annuel par un investissement de 1000 à 15000 euros par abonné, une fois pour toute ». « Pour nous, l'intérêt de la fibre est avant tout patrimonial - on remplace un réseau loué par un réseau propriétaire - avec en prime une bonne opération, de marketing : nos abonnés seront mieux servis pour le même prix » poursuit-il.
Concernant l'avenir de Free sur le secteur de la téléphonie mobile, Xavier Niel affirme son ambition de « créer un opérateur 3, 4, 5, voire 10 fois moins cher que les autres. Il y a un boulevard incroyable. » Il conclut enfin sur le sujet : « Souvenez-vous de l'impact produit par l'arrivée de Bouygues dans le mobile. Il est temps de recréer une dynamique similaire sur ce marché, qui est devenu une rente de situation pour les trois opérateurs en place. »



