Le marché du livre passe au numérique
L’étude « E-Book » réalisé par l’IDATE le confirme : le marché du livre numérique est en plein essor.
Aux Etats-Unis, le principal marché, les ventes de livres numériques devraient atteindre cette année les 594 millions d’euros, devant le Japon pourtant le marché pionnier, avec 527 millions d’euros, et devant les marchés européens encore relativement modestes en terme de chiffre d’affaires, mais impressionnants en termes de croissance (de l’ordre de 80%). "Tous les genres littéraires ont désormais entamé leur migration vers le numérique" confie Marc Leiba, consultant sénior à l’IDATE. "Les contenus professionnels, scientifiques et techniques ont ouvert la voie, suivis par la littérature générale et plus tardivement par les genres contenant une iconographie importante notamment autour des nouveaux terminaux (bande dessinée, littérature jeunesse, livres d'art, manuels de cuisine, etc.). Néanmoins, l'adoption des œuvres au format numérique ne se produit pas à la même vitesse selon les genres. Trois genres en particulier enregistrent une part de marché numérique nettement plus importante que leur part de marché physique : le polar, la littérature sentimentale ainsi que la science-fiction et fantasy".
L’IDATE rassure ceux également qui voient d’un mauvais œil la progression de la littérature numérique en expliquant que d'ici 2014, la transition numérique ne devrait pas provoquer de destruction de valeur. En revanche, l'émergence d'une offre numérique va clairement accélérer la baisse des ventes de livres imprimés. Néanmoins, l’IDATE reste persuadé que les ventes d'e-books parviendront à compenser cette érosion, voire à faire croître le marché du livre en raison de ventes incrémentales (qui n'auraient pas eu lieu dans l'univers imprimé). « A horizon 2015, l'avenir du marché se jouera à deux niveaux » explique l’IDATE dans son étude, « autour d’abord du degré de conversion au numérique des lecteurs occasionnels (qui représentent la majorité du marché du livre en volume) et ensuite de l'impact du livre enrichi, produit multimédia hybride, susceptible d'attirer un public non lecteur de livres traditionnels ».
L’IDATE rappelle par ailleurs que les lecteurs d'e-books sont les mêmes que les lecteurs papier, qu’ils achètent les mêmes titres et que les pratiques tarifaires autour des e-books restent, elles aussi, calquées sur le modèle du papier (téléchargement à l'acte en Amérique et en Europe et abonnement à des œuvres fragmentées en épisodes au Japon).
Enfin, sur cette nouvelle chaîne de valeur, les rapports de force se modifient. « Les éditeurs réaffirment en amont leur valeur auprès d'auteurs et d'agents tentés de les contourner » indique l’IDATE. « En aval, ils mettent à disposition les contenus, organisent leur circulation et influent sur le prix de vente final ». Pour les revendeurs, la concurrence se fait désormais à l’échelle planétaire avec des acteurs de grande envergure comme Amazon qui s'appuie sur l'offre premium la plus développée avec un positionnement tarifaire agressif, Apple qui développe des offres moins larges mais plus locales sur iBooks et Google Editions (Google eBooks) qui mise sur son programme de numérisation Google Books et la puissance de son algorithme de recherche pour s'imposer.




